Anima, de Wajdi Mouawad

J’ai découvert cet excellent roman du libano-canadien Wajdi Mouawad grâce à Christine, grande lectrice qui se reconnaîtra. Que dire sur cet étonnant livre sans trop vous en révéler ?

Anima démarre sur le meurtre effroyable d’une jeune femme. Wahhch Debch, son mari, est rapidement mis au courant de l’identité du coupable. Il n’est pas animé par un désir de vengeance mais veut savoir qui est cet homme, pour comprendre les racines d’une telle barbarie. Anima est l’histoire de cette quête.

Parallèle à celle de la police, l’enquête de Wahhch le mène de Détroit jusqu’à la réserve de Kahnawake, au Québec.

Démarre alors un road trip dans le froid canadien avec des personnages qui n’ont pas non plus été épargnés par la vie. Wahhch s’approche peu à peu de sa cible mais se retrouve traqué à son tour. Et alors que le danger et la violence deviennent omniprésents, des souvenirs d’enfance surgissent, eux-aussi marqués par la violence, celle des massacres de Sabra et Chatila.

Si l’intrigue et le dévoilement progressif du passé du personnage principal sont déjà très intéressants,  le vrai génie du livre réside dans la plume de l’auteur et dans la structure du roman.

Wajdi Mouawad réussit la prouesse littéraire de multiplier à l’infini les points de vue sur l’action sans jamais être redondant (Ne lisez pas la suite si vous voulez être surpris comme je l’ai été) et ces différents narrateurs sont tous des animaux, du plus petit moustique au cheval, en passant par les chats et les chiens.

Dans un langage très factuel, précis mais néanmoins poétique, les animaux nous emmènent donc dans l’histoire, se passant le relais de la narration. Compte tenu de l’extrême violence qui émaille le récit, ils sont à la fois le filtre et la distance peut-être nécessaires.

On ne s’est jamais sentis si proches d’eux.

Conclusion sur Anima de Wadj Mouawad : un très grand roman !

 

 

 

 

 

 

 

 

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