Je me tuerais pour vous de F. S. Fitzgerald

Je me suis jetée sur ces nouvelles inédites de Francis Scott Fitzgerald et je n’ai pas été déçue.

Inédites jusqu’à aujourd’hui  car leur style inattendu n’avait pas plu aux éditeurs des années 30. Et plutôt que de changer radicalement ses histoires, F.S. Fitzgerald avait préféré ne pas les voir paraître, malgré les difficultés financières qu’il rencontrait alors.

L’ un des motifs de rejet était que dans nombre de ces histoires, les jeunes gens de sexes opposés, amoureux ou sur le point de le devenir, échangeaient de manière directe et sans censure.

En outre, à l’inverse de Gatsby le Magnifique ou de Tendre est la nuit, ces nouvelles possèdent tous les ingrédients de la comédie.

Même si l’angoisse y est souvent palpable, le ton est léger, les situations cocasses, les amours contrariées et l’écriture rapide et nerveuse de Fitzgerald renverse une situation ou vous transporte d’un lieu à un autre en un clin d’œil. C’est parfois si rapide qu’on se croirait plutôt dans la lecture d’un scénario (quelques projets de scénarios se sont effectivement retrouvés dans ce recueil).

On se réjouit que les jeunes filles de bonne famille tombent amoureuses des brigands ou de chauffeurs de taxi, du grand nombre de personnages, des courses poursuites et des départs en trombe ou encore du corps médical ridiculisé.

Si l’on ne retrouvait pas le style élégant de Fitzgerald ça et là, on penserait parfois qu’il exagère. Mais ça passe.

La nouvelle qui donne son titre au recueil, Je me tuerais pour vous, remonte à un séjour que fit Fitzgerald dans les Smokey Mountains de Caroline du Nord en 1936. Devenu alcoolique, il demeurait à l’hôtel Groove Park Inn pendant que sa femme Zelda se reposait dans un sanatorium non loin de là.

Dans ce lieu, l’auteur a imaginé les aventures d’une équipe de tournage, avant-goût de sa future installation à Hollywood en 1937, où il avait signé un contrat avec la MGM.

Mais ma préférée est Cauchemar : fantaisie en noir qui se déroule dans une clinique psychiatrique de luxe.

J’ai parfois pensé à Woody Allen à la lecture de certaines histoires et je vous recommande chaudement ces nouvelles rafraîchissantes.

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