Une Singularité nue, de Sergio de la Pava

Casi, jeune avocat commis d’office de 24 ans, officie à Manhattan. Sergio de la Pava nous immerge avec brio dans la vie de ce jeune homme doué et véritable bête de travail. Le roman démarre au tribunal et nous suivons pas à pas l’avocat : avec les prévenus, en audience, avec ses collègues. Le ton est détaché, ironique et enlevé. Le roman est une critique acerbe du système judiciaire américain lorsqu’il s’agit de juger les citoyens les plus pauvres.

Avocat commis d’office lui-même, Sergio de la Pava n’a pas écrit un roman formaté.  Il a commencé l’écriture d’Une Singularité Nue en 1999, dans le train qui l’amenait à Manhattan et en attendant le début des audiences.

Fils d’immigrés colombiens, de la Pava a grandi dans le New Jersey et l’espagnol est sa langue maternelle, autre point commun avec Casi.

L’intrigue est assez lente à se révéler mais l’auteur nous tient quand même en haleine grâce au quotidien de la vie du tribunal. Puis le suspense démarre quand un confrère sème progressivement l’idée du crime parfait dans la tête de notre jeune avocat dévoué. Et là, on a vraiment envie de savoir s’ils vont aller au bout.

La trame narrative ne se réduit pourtant pas à ça car De la Pava traite de sujets aussi différents que  la vie de famille chez les latinos, la défense d’un condamné à mort, la carrière du boxer Wilfred Benitez, les singularités nues, la philosophie…avec une alternance de dialogues et de monologues intérieurs très habités par les dilemmes moraux.

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Comment Casi occupe son temps dans le roman

Pour conclure, Une singularité nue est un roman au style original et qui ne manque pas d’action et de réflexion.

Plus de 10 ans après avoir écrit et autopublié  ce premier livre, Sergio de la Pava a enfin l’attention qu’il mérite.

Bonne lecture !

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