Une journée au Festival AMERICA

 

Le festival AMERICA 2016 était un beau prétexte pour organiser un week-end à Paris. Il n’a pas déçu mes attentes puisque j’y ai passé toute ma journée de samedi, en compagnie de Cécile. Le programme était si alléchant qu’il a été difficile de faire des choix. Au final, nous avons quand même assisté à 4 débats, 1 projection, écouté 13 écrivains, vu une expo, sommes reparties avec des livres et en bonus une paire de boucles d’oreilles indiennes.

Mais j’y ai surtout glané de nombreuses envies de lecture :


Forum des écrivains « Pères et Fils »

Ce thème m’intéressait beaucoup compte tenu de mon grand intérêt pour l’auteur américain Pat Conroy qui a énormément écrit sur sa relation avec son père. Pourquoi écrire sur la relation père-fils, qu’est-ce qu’être un homme en Amérique ? sont autant de questions auxquelles les auteurs présents ont répondu, mettant en perspective leur propre histoire avec leur écriture.

Voici ce qui figure désormais sur ma liste de lecture :

David Granddavid-grand
Mount Terminus est le premier roman de David Grand à être traduit en français. Il n’a pas toujours écrit sur la relation père-fils mais le thème s’est imposé à lui, pour qui la figure du père représente en fait une absence.
Dans Mount Terminus, Jacob s’est retiré du monde avec son fils pour habiter en plein désert californien. Mais le passé du père et ses lourds secrets ne vont pas rester enfouis.

bret.jpgBret Anthony Johnston
Souviens-toi de moi comme ça raconte, à la manière d’un thriller, la disparition d’un fils et les réactions des différents membres de sa famille. Personne ne sait ce qu’il s’est passé jusqu’à la soudaine réapparition de celui-ci.

david-joyDavid Joy est l’auteur qui figure sur ma photo de Une. Dans sa région d’origine, les montagnes Appalaches de la Caroline du Nord, l’homme se doit d’être viril, capable de tuer un cochon sauvage au couteau. Mais comme le dit lui-même l’auteur, le cœur d’un hommes est parfois le plus gros de ses muscles. Dans son roman Là où les lumières se perdent, Jacob a pour père un caïd et se doit de lui succéder.

poissant.jpgPour L’homme lézard, nouvelle à retrouver dans le recueil le Paradis des animaux, David James Poissant nous a confié avoir commencé par écrire sur la relation père-fils du point du vue d’un fils venant de révéler  son homosexualité puis qu’il avait jugé l’exercice trop facile et avait tout réécrit du point de vue du père homophobe. 

 


Grand débat : Amérique, le rêve ou l’exil

Les trois écrivains présents avaient en commun de vivre aux États-Unis mais d’avoir des racines ailleurs.

madisonAbha Dawesar est indienne. Elle rêvait d’étudier à Harvard et c’est ce rêve d’intégrer une université prestigieuse qui l’a amenée aux USA. Madison Square Park est son dernier livre, publié aux éditions Héloïse d’Ormesson. Uma est une jeune femme de trente ans, habitant New-York et qui a quitté l’Inde pour les États-Unis quand elle était enfant. Enceinte, elle se retrouve tiraillée entre ses deux cultures alors qu’elle avait jusque là tenu parents et héritage familial à distance.

sergio-de-la-pavaSergio de la Pava est un avocat new-yorkais d’origine colombienne. Il travaille comme avocat commis d’office et traite 80 dossiers à la fois. Le héros de son roman Une Singularité Nue est également avocat et fils d’immigrés colombiens. Mais un collègue lui propose un jour le crime parfait…
D’abord publié à compte d’auteur sous forme d’ebook, le roman de Sergio de la Pava a reçu d’excellentes critiques et a fini par trouver un éditeur papier.

disparueVu Tran est arrivé du Vietnam à l’âge de 5 ans mais ne garde que très peu de souvenirs de cette période. Il a grandi dans l’Oklahoma. Dans son roman Disparue à Las VegasVu Tran met en scène un policier à la recherche de son ex-femme, arrivée aux USA après la chute de Saïgon et dont il découvre peu à peu les zones d’ombre.

 


Grand débat : Indian Country, être indien dans l’Amérique d’aujourd’hui

boydenJoseph Boyden est un écrivain reconnu au Canada. Il avait d’ailleurs déjà de nombreux fans dans la salle.
Son dernier livre, Dans le grand cercle du monde, porte sur les premiers contacts entre les Indiens et les Blancs au Canada.
D’origine amérindienne, écossaise et irlandaise, il milite également pour que certains faits historiques soient mieux connus dans son pays comme le scandale des pensionnats autochtones (1920-1996) qui étaient destinés à éduquer, évangéliser et assimiler les enfants amérindiens.

gyasi.jpg
Gyasi Ross en compagnie de son interprète

Les livres du très charismatique Gyasi Ross ne sont pas encore traduits en français. Avocat, écrivain, musicien et journaliste issu de la tribu des Blackfeet, il est l’auteur de Don’t Know Much About Indians (but I wrote a book about us anyway) et How to Say I Love You in Indian.

treuer

 

David Treuer est issu de la tribu Ojibwe. Paru chez Albin Michel, son dernier livre s’intitule Et la vie nous emportera

 


Tous ces auteurs étaient passionnants à écouter. Je pense que leurs livres le sont autant.

En conclusion, ne ratez pas le festival AMERICA 2017 !

 

 

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