The Mandibles de Lionel Shriver

L’auteure du célèbre Il faut qu’on parle de Kevin imagine ici l’effondrement total de la société américaine. Nous sommes en 2029 et le pays a déjà été fortement ébranlé par la crise de 2024 (c’est demain !), blackout technologique surnommé l’âge de pierre. Dans la famille Mandible, on trouve un patriarche fortuné, ses enfants,  petits-enfants et arrière-petits-enfants. Il y a une  travailleuse sociale, un journaliste, un économiste ou encore une écrivaine. Ils s’en sortent plus ou moins bien et comptent surtout sur l’immense fortune familiale dont il pourront bénéficier pour leur retraite ou en cas de besoin. Mais voilà qu’un nouveau président accède au pouvoir : dans un contexte de faillite totale de l’État aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, il exige entre autres de tous les citoyens qu’ils remettent leur or à la Fed et mets toutes les obligations à zéro. La fortune des Mandibles part en fumée. L’American Way of Life s’écroule.

Shriver va suivre le quotidien de cette famille de 2029 à 2047. Les considérations économiques, sous forme de dialogues entre les personnages, sont omniprésentes dans le roman et c’est ce qui le rend atypique et intéressant. Ce qui est effrayant, c’est la plausibilité de son scénario.

De plus, Shriver fait bien la part des choses dans le profil des différents membres de la famille : celui qui fut clairvoyant, ceux qui nient l’évidence, les pragmatiques, les leaders, les boulets…

Elle rentre si bien dans les détails qu’on en vient à se projeter dans une telle situation. Et si l’essentiel du roman porte sur la survie au jour le jour (les courses, l’inflation galopante, le chômage, la toilette…) Shriver interroge par petites touches notre monde d’aujourd’hui : elle évoque notamment une crise de l’eau, le réchauffement climatique, l’effondrement de l’UE et la disparition de l’euro, le vieillissement de la population.

Pour conclure, j’ai adoré The Mandibles, tout aussi distrayant qu’il pousse à réfléchir.

À lire en anglais pour l’instant. Bon à savoir avant de se lancer : Lionel Shriver a glissé quelques mots d’argot 2029 et 2047 dans son texte, qu’on ne trouvera pas dans Urban Dictionnary.

Et qui sait si vous n’allez pas commencer à stocker papier toilette, café ou huile d’olive à peine le livre posé ?

En attendant, bonne lecture à tous !

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