Quand l’Empereur était un Dieu, de Julie Otsuka

Certaines n’avaient jamais vu la mer m’avait tellement plu que j’avais prévu de rapidement lire le premier roman de Julie Otsuka. C’est chose faite et je ne suis pas déçue. Il y a d’ailleurs un lien évident entre les deux livres.

Ce petit  roman raconte l’exil forcé d’une famille californienne originaire du Japon pendant la deuxième guerre mondiale. Un soir, le père est emmené par le FBI en pantoufles et peu de temps après, la mère et les deux enfants sont contraints de partir en exil en tant qu’ennemis de l’intérieur. Ils abandonnent à la hâte leur petite maison de Berkeley et entament, encadrés par des soldats, le voyage interminable en train jusqu’au camp d’internement de Topaz, dans

Alors qu’elle aurait aimé que son premier roman soit une comédie, Julie Otsuka s’est inspiré de l’histoire de sa famille pendant la guerre, histoire commune avec tous les Japonais résidant aux États-Unis, désignés à l ‘époque comme traitres. Ces faits historiques  méconnus méritaient en effet d’être racontés.

Comme le père des enfants de son roman, son propre grand-père fut arrêté par le FBI le lendemain de Pearl Harbor. Sa mère, ainsi que sa grand-mère et son oncle furent internés pendant trois ans et demi dans ce même camp de Topaz, situé sur un ancien lac asséché de l’Utah.

La parole est tour à tour donnée à la mère, au fils, à la fille puis au(x) pères(s). Les structures des phrases sont volontairement répétitives car l’auteure attache beaucoup d’attention à la prosodie. L’utilisation du « nous » préfigure d’ailleurs le style engagé de Certaines n’avaient jamais vu la mer.

Elle dépeint ainsi merveilleusement bien l’ennui, le désert,  la soif ainsi que le sentiment de vie volée.

Julie Otsuka n’a pas voulu alourdir le récit avec trop de détails historiques pour focaliser davantage sur les personnages, ce qui donne beaucoup d’humanité à son roman alors même qu’on y décèle un certain détachement. Les personnages ne sont par exemple pas nommés, peut-être pour accentuer le côté universel de cette expérience d’enfermement.

Pour conclure, ce fut une lecture très agréable et fort intéressante qui peut éventuellement se faire d’une traite (155p).

Bonne lecture !

 

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