Goodbye, Columbus de Philip Roth

Comme l’a affirmé Saul Bellow, « Goodbye, Columbus est un premier livre mais ce n’est pas le livre d’un débutant ». En 1956, à la parution de cette novella*, Philip Roth, souvent présenté comme le meilleur écrivain américain, n’avait que 26 ans.

Neil Klugman, le jeune narrateur, vit avec son oncle et sa tante dans un quartier ouvrier de Newark et travaille à la bibliothèque. Il est diplômé de Rutgers, l’université d’État du New Jersey. Alors qu’il passe une journée au country club, invité par sa cousine, il y rencontre la belle et athlétique Brenda Patimkin, qui fait ses études à Radcliffe (annexe d’Harvard pour les femmes à l’époque) et dont la famille aisée vit dans un quartier huppé.

Neil est de suite attiré par cette jeune fille longiligne aux cheveux courts, rencontrée au bord de la piscine. Goodbye, Columbus n’est que l’histoire d’une romance d’été mais avec l’œil acéré de Philip Roth aux commandes, ça change tout.

Les dialogues sont affutés et drôles et les descriptions scrupuleuses et sans égales. Personne n’est épargné  : de la tante juive surprotectrice qui prépare quatre repas différents pour les quatre membres de la famille et qui se soucie de la propreté des sous-vêtements de Neil jusqu’au frère de Brenda, beau gosse et sportif accompli, qui écoute en boucle le disque offert par son ancien lycée dans lequel on peut entendre « Goodbye Columbus. »

Dans ce premier texte, il y a certainement beaucoup du jeune Philip Roth, lui-même issu d’une famille juive et né à Newark en 1933. Goodbye Columbus parle de religion, d’intégration à la société américaine, du sexe pré-marital dans les années 50 et des relations entre individus issus de classes sociales différentes. Ainsi, la famille juive de Brenda, plus fortunée que celle de Neil, semble mieux intégrée à la société américaine.

Autant de thèmes qui seront également abordés dans son œuvre ultérieure.

Voici une petite description de la banlieue dans laquelle habite Brenda :

« It was, in fact, as though the hundred and eighty feet that the suburbs rose in altitude above Newark brought one closer to heaven, for the sun itself became bigger, lower, and rounder, and soon I was driving past long lawns which seemed to be twirling water on themselves, and past houses where no one sat on stoops, where lights were on but no windows open, for those inside, refusing to share the very texture of life with those of us outside, regulated with a dial the amounts of moisture that were allowed access to their skin. »

Pour conclure, cette petite amourette de vacances est une lecture drôle et plaisante.

*dénomination anglo-saxone pour les romans courts

 

 

 

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