LA DERNIERE FUGITIVE, DE TRACY CHEVALIER

Le tour de force de Tracy Chevalier est de réussir à nous immerger dans un univers différent dans chacun de ses romans : celui de Vermeer dans La Jeune Fille à la Perle, celui du miniaturiste Nicolas des Innocents dans La Dame à la Licorne ou encore celui des fossiles dans Prodigieuses Créatures. Chacun de ses livres est également l’occasion d’aborder la condition féminine de l’époque.

Jusqu’à présent, tous les romans de Tracy Chevalier se déroulaient en Europe mais avec La Dernière Fugitive, nous quittons l’Angleterre, en route pour l’Ohio.

1850. Honor Bright est une jeune Quaker qui a brusquement décidé de suivre sa sœur Grace pour l’Amérique. Après une traversée éprouvante puis la maladie et la mort de sa sœur, Honor se retrouve seule en Ohio. Doit-elle rester dans cette petite bourgade de quakers auprès de celui qui aurait dû être son beau-frère ou bien rentrer au pays ?

Elle choisit de rester et de se marier à un fermier. Sa seule amie est une modiste, Belle Mills. Elle fait partie d’un réseau d’aide aux esclaves en fuite, appelé « The Underground Railway ». Les Quakers sont contre l’esclavage mais ils sont aussi contre le mensonge. Honor se retrouve ainsi face à un dilemme moral : comment aider ces hommes et ses femmes contre la volonté de sa belle-famille.

Le Fugitive Slave Act a en effet déclaré qu’il était illégal d’aider un esclave en fuite et que toute assistance était passible d’une amende. Les Quakers prônent l’égalité mais beaucoup sont également soucieux de respecter la loi car ils craignent de perdre leur ferme en cas d’amende trop lourde.

Les grands principes se heurtent à la réalité.

A l’opposé de Belle, il y a aussi son frère, Donovan, chasseur d’esclave et très épris de Honor.

Dans La dernière fugitive, Tracy Chevalier tisse intelligemment son récit autour de la problématique du coton. En Angleterre aussi bien qu’en Ohio, les femmes cousent de magnifiques patchworks. Le beau-frère de Honor est un drapier quaker. Mais d’où vient le coton ? Comment est-il ramassé et à quel prix ? Quelle position soit-on avoir face à l’esclavage et à l’origine de la matière première ? Quelle attitude adopter face aux esclaves en fuite qui demandent de l’aide ?

La dernière fugitive est un joli roman américain et une lecture agréable.  J’ai beaucoup apprécié que le récit reste centré sur le destin d’Honor car je suis un peu fatiguée des histoires chorales et des digressions sans fin à la mode actuellement. Du coup, j’ai même enchaîné sur son dernier, A l’orée du verger, dont je vous parlerai dès que je l’aurai fini.

Bonne lecture !

P.S. : Tracy Chevalier a notamment étudié à Oberlin, Ohio. Elle explique sur son site comment elle y a puisé son inspiration pour ce livre.

 

 

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