Lectures d'Amérique…

Les souvenirs de Mary Jameson, enlevée par les indiens à 12 ans

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Dans l’Amérique du nord du XIX° siècle, les récits de captivité (Captivity Narratives) constituaient un genre littéraire à part entière. Il s’agissait généralement de récits de femmes blanches qui avaient été enlevées par des indiens.

Ce témoignage a été recueilli en 1823 par un écrivain du nom de James Seaver. Mary Jameson avait alors 80 ans et allait encore en vivre 10 de plus.

Le 5 avril 1755, alors âgée de 12 ans, elle fut capturée avec sa famille par des indiens Shawnee, accompagnés de Français, en guerre contre les anglais. Elle fut ensuite vendue à des indiens Senecas. Il était alors coutume, lorsqu’un membre de la famille avait été fait prisonnier ou avait été tué, de prendre un prisonnier afin de compenser cette perte. La famille décidait du destin du prisonnier : il pouvait être supplicié ou bien adopté. Mary eut la chance d’être chaleureusement adoptée et reçut le nom de Dehgewanus, ce qui signifie « belle femme ».

En plus de nous donner un aperçu du quotidien de la vie des Senecas, le récit de Mary est aussi un condensé de ce qu’a pu être la guerre de 7 ans qui opposa les français aux anglais de 1756 à 1763 : les différentes alliances entre indiens et européens, les forts édifiés par les deux camps dans des endroits stratégiques, les raids menés par les indiens chez les colons, les destructions de villages indiens par les anglais…L’enjeu était la possession des terres qui entouraient la grande rivière de l’Ohio. Les colonies britanniques de Virginie et de Pennsylvanie se peuplaient de plus en plus et il fallait repousser la frontière vers l’Ouest. Mais ces territoires étaient aussi revendiquées par trois tribus : les Senecas, les Shwanee et les Delaware. Or Mary fut enlevée par des Shawnee, adoptée par des Senecas et eut comme premier mari un Delaware. Elle fut ensuite la femme d’un chef Seneca, allié des anglais.

Contrairement à 300 autres captifs qui furent « rendus » à la fin du conflit, Mary Jemison fit le choix de rester auprès des indiens, notamment pour le bienfait de ses enfants.

Le début du récit est plutôt prenant tant on a hâte d’être en immersion dans la tribu des Senecas. La « femme blanche de la Genesee River » décrit le meilleur comme le pire.

Le ton est assez lisse malgré la grande violence de certains épisodes. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit ici du résultat d’entretiens et que Mary Jemison n’était pas capable d’écrire elle-même. On sent néanmoins un vrai désir d’exactitude de la part de l’écrivain James Seaver.

Ce livre est riche en informations et ce fut un bon moment de dépaysement en territoire indien !

Pour plus d’infos sur les captivity narratives : http://womenshistory.about.com/od/indiancaptivitynarratives/a/rowlandson.htm

Sur la guerre de sept ans : http://explorepahistory.com/story.php?storyId=1-9-6

 

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