Lectures d'Amérique...

Max et les Maximonstres de Maurice Sendak

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Voici un classique de la littérature jeunesse américaine que les enfants du monde entier adorent.

À sa parution en 1963, Where The Wild Thing Are ne fut pourtant pas bien reçu. Les bibliothèques n’en voulaient pas. Les critiques étaient mauvaises. Mais les enfants qui réussissaient à lire le livre ne le lâchaient plus et ne finissaient pas d’en parler.

Jusqu’au début des sixties, les livres pour enfants étaient censé encourager des comportements vertueux et les héros devaient montrer l’exemple. Les histoires enseignaient une morale et comment se comporter dans un monde d’adulte.

Maurice Sendak renverse complètement la donne pour explorer la vie intérieure des enfants et leur vision du monde. Il décrit un monde effrayant, traduisant le fait que les enfants sont des êtres sensibles et complexes qui ressentent la peur, l’angoisse, l’amour, le désir de toute-puissante ou la perte de contrôle. Freud avait déjà introduit cette idée, reprise par la psychanalyse des années 1960.

Le petit Max, dans son déguisement de loup, poursuit le chien avec une fourchette, ravage la maison et tient tête à sa mère. Il est envoyé au lit sans manger. Sa chambre se transforme alors en un territoire sauvage qu’il n’aura pas peur d’aller conquérir. Il y rencontre des monstres à l’allure grotesque, qu’il soumettra en leur montrant les griffes et dont il deviendra le roi.

S’ensuit une fête de folie où Max et ses montres se livrent à toutes les fantaisies. Mais Max met fin à tout ceci par cette phrase : « Ça suffit. Vous irez au lit sans manger. » Il finit par reprendre la mer et par rentrer chez lui car il est à nouveau capable de ressentir le besoin d’amour.

Maurice Sendak a su traiter de l’angoisse que connaissent les enfants. Il affirme ne pas vouloir s’arrêter à l’idée que l’enfant est nécessairement innocent et défend le fait que nous avons tous un côté animal et sauvage.

Ce qui revient souvent dans les interview de Maurice Sendak est qu’il refuse de mentir aux enfants. « I refuse to lie to children. » « I have kids express themselves as they are. »

Son histoire reconnaît l’importance de la vie onirique chez l’enfant au même titre que chez l’adulte et son rôle de boussole pour nous guider dans la vie réelle. L’aventure de Max dure un an mais à son retour, il retrouve son dîner encore chaud qui l’attend dans sa chambre, ce qui nous confirme que tout ceci n’était qu’un songe. Mais dans cet intervalle, Max a successivement expérimenté la frustration, la liberté et la toute-puissance puis à nouveau le besoin d’être aimé.

Quelle a été l’ enfance de l’auteur et illustrateur ?

Né à Brooklyn en 1928 , Maurice Sendak a été façonné par l’holocauste. Ses parents ont en effet été très marqués par la perte des membres de leur famille restés en Pologne. Ils étaient très anxieux et Sendak parlait lui-même de famille de dingues. Enfant, il fut souvent très malade et a eu conscience d’être mortel très tôt.

Pour conclure sur Max et les Maximonstres, c’est un album complexe mais très compréhensible pour les enfants et d’une grande qualité littéraire. Les enfants l’adorent et n’y restent pas indifférents.

Pour les plus grands, il y a le beau film de Spike Jonze sorti en 2009.

Et voici un site dédié à Maurice Sendak : sendakforkids.com

L’auteur est mort en 2012 et comme il le souhaitait, sa maison de Ridgefield, dans le Connecticut, sera bientôt transformée en musée.

 

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