L’Attrape-coeurs de J. D. Salinger

Pour ma troisième lecture de l’Attrape-coeurs, je l’ai encore lu d’une traite. J’avais simplement oublié pourquoi tant de monde s’en réclamait. C’est un roman très touchant et qui parle à l’âme. Car Holden Caufield, adolescent rebelle et solitaire, s’adresse directement à nous et nous interpelle dès le début du livre.

Notre héros  vient juste de se faire renvoyer de son pensionnat (encore une fois) et décide de ne pas l’annoncer immédiatement à ses parents, de quitter l’école et de passer trois jours seul à New York. L’Attrape-coeurs est le récit de cette parenthèse dans la vie d’Holden et si ce dernier nous promet de ne pas faire son autobiographie, il se livrera pourtant davantage au fil des pages.

Holden lutte contre son mal-être. Il est très grand, il a même des cheveux blancs mais n’a que dix-sept ans. L’hypocrisie des adultes le dégoûte. Il est en quête d’authenticité voire de romance. On appréciera son cynisme et son ironie. Salinger a parfaitement su capter le ton de l’adolescence et malgré le vocabulaire daté de l’époque, le roman n’a pas pris une ride pour nous parler du passage à l’âge adulte. D’ailleurs, la lecture de l’Attrape-coeurs est souvent présentée comme un rite de passage pour les lycéens américains. Mais pour avoir lu quelques commentaires de profs, les adolescents d’aujourd’hui ne se reconnaissent pas tous dans le personnage.

Publié pour la première fois en 1951 aux États-Unis, l’Attrape-coeurs rencontra un succès immédiat. Aujourd’hui étudié dans tous les lycées américains, le livre fut d’abord considéré comme sulfureux. Entre les années 60 et les années 80, ce fut le roman le plus censuré pour les raisons suivantes : vulgarité du vocabulaire, incitation à la rébellion, mépris des valeurs morales et familiales, incitation à l’alcoolisation et à la fréquentation de prostituées…

Si bien que les adolescents de cette époque abordaient la lecture de l’Attrape-coeurs comme un acte révolutionnaire. Pat Conroy, sans doute mon auteur américain préféré, témoigne de ce phénomène dans son livre My Reading Life.

Grâce au style indirect libre ou stream of consciousness de Salinger, la voix d’Holden Caulfield résonne vraiment à nos oreilles, comme si nous écoutions ses confidences et comme si nous le comprenions. Car il y a bien dans ce récit quelque chose d’universel sur cette époque de la vie et sur ses désillusions.

Pour conclure, L’Attrape-coeurs est bien un grand roman et Salinger un grand auteur américain.

Même si son irrévérence n’impressionne certainement plus les ados d’aujourd’hui…

D’ailleurs, si vous avez l’âge d’Holden et que vous avez lu le livre, donnez-moi votre avis !

 

 

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