Lectures d'Amérique...

Greg Iles et ses polars du Sud

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Merci à Annabelle pour ce conseil de lecture et cette plongée en eaux troubles dans le Mississippi des années 1960. Nous parlions  justement de nos auteurs américains préférés dont les livres tardent parfois à paraître en français. Pour découvrir Greg Iles, j’ai donc choisi Natchez Burning, premier opus d’une trilogie qui n’est malheureusement pas encore traduite pour l’instant mais très attendue par les fans.

Pour Natchez Burning, l’auteur s’est appuyé sur des faits historiques pour insérer ses personnages fictionnels.

L’histoire débute dans les années 1960, au moment de la lutte pour les droits civiques. Le magasin de musique de Norris est un lieu à part, fréquenté à la fois par les noirs et les blancs. Mais le fils du musicien noir et la fille (blanche) de Royal , riche homme d’affaire local proche de la mafia, se voient en secret.  Ce dernier embauche des hommes du Ku Klux Klan pour régler la question. Assassinats et disparitions s’en suivent. Ces mêmes hommes, toujours en lien avec Royal,  ont l’ambition d’assassiner le Procureur général des États-Unis, Robert Kennedy, très actif dans la lutte anti-pègre.

Puis nous basculons en 2005, quand la mort d’une femme refait surgir cette affaire. L’accusé est le Dr Cage, le père de Penn Cage, ancien procureur et  actuel maire de Natchez, personnage récurrent dans les polars du Sud de Greg Iles. Le Dr Cage a un secret qu’il tient à garder mais son fils va mener l’enquête pour lui éviter la prison ou même la peine de mort.

Il est pour cela aidé du journaliste Henry Sexton qui, depuis toujours, mène de minutieuses enquêtes sur les crimes racistes non élucidés*.

Le roman alterne intelligemment  entre les années 60 et l’époque actuelle. Les parties consacrées à l’enquête de Penn Cage sont  écrites à la première personne mais Greg Iles intègre également des chapitres entiers consacrés au point de vue des assassins.

L’intrigue et l’enquête sont menées à un train d’enfer. Le style est efficace et on ne s’ennuie guère. J’ai moins aimé la romance entre Penn et sa fiancée mais elle n’est qu’esquissée et tout à fait secondaire. 800 pages, c’est peut-être un peu long mais l’histoire ne fléchit jamais. J’ai été sidérée par tant de rebondissements et ce n’est pas terminé.

Le deuxième opus est déjà sorti et s’intitule The Bone Tree. Il faudra attendre pour le troisième dont le titre est toutefois connu :  The Unwritten Law.

*Pour la perspective historique, suivez le conseil de l’auteur et consultez le site internet du journal The Concordia Sentinel et les articles de Stanley Nelson de la rubrique Cold Cases, spécialiste des crimes racistes non résolus.


 

Titres parus en français :

   

 

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